
Gravure
© Benjamin Sur / Musées d’Angers
Né à Dieuze le 16 avril 1863, Émile Friant est l’élève de Louis-Théodore Devilly (1818-1886) et d’Alexandre Cabanel (1823-1889).
En 1875, le jeune Recouvreur entend parler de lui par Camille Martin (1861-1898), un ami commun.
Friant a d’autres relations communes avec Recouvreur: Victor Prouvé (1858-1943), Mathias Schiff (1862-1886) ou encore le sculpteur Ernest Bussière (1863-1913) qui partage un atelier à Nancy avec lui. Mais malgré leurs connaissances communes, Recouvreur et Friant ne sont pas proches dans leur jeunesse.
À partir de 1878, Friant expose régulièrement au salon de Nancy, c’est un artiste qui monte. Il participe au salon des Artistes français à partir de 1882 où il obtient une mention honorable dès cette première participation. L’une des deux toiles qu’il présente au salon de 1882 représente d’ailleurs ses amis Camille Martin et Mathias Schiff.
En 1883, il obtient le second grand prix de Rome, ainsi que la médaille de 3ème classe au salon de 1884 et de 2ème classe au salon de 1885.
En 1886, il obtient une bourse de voyage et se rend en Belgique et en Hollande. Il se rend ensuite en Italie et en Tunisie en 1887.
En 1888, lors de son service militaire à Commercy, Ernest Bussière réalise un portrait inachevé de Recouvreur selon la technique de Friant qu’il a vu dans leur atelier commun. Adrien se montre très critique sur le manque de solidité du procédé.
En 1889, suite à la publication de ses travaux sur la chimie des couleurs, Recouvreur et Friant débutent une correspondance technique. C’est Friant qui fait découvrir les travaux de Jehan Georges Vibert (1840-1902) à Recouvreur. Cette même année, Friant remporte le prix du salon et une médaille d’or à l’Exposition universelle pour son tableau La Toussaint, ainsi que la Légion d’honneur.
En 1890, Friant se rend en Afrique du Nord. Il y retourne en 1892 avec son ami Raoul de Meixmoron de Dombasle (1869-1928).
De 1892 à 1893, Émile Friant est attaqué dans plusieurs articles de La Revue des Beaux-arts. La polémique concerne la restauration de certaines peintures du musée des Beaux-arts de Nancy dirigé par Jules Larcher (1849-1920). Friant provoque en duel Henry Hamel (1861-1906), le rédacteur en chef du journal. Bien qu’il évoque auprès de Recouvreur une obligation stupide du duel qui est créée par l’atavisme de chevalerie en France, il réitère le 25 février 1901 avec l’artiste-peintre Gaston Save (1844-1901) qui s’attaque à son tour à Larcher dans des articles publiés par le Journal des Artistes de 1900 à 1901 et dont le rédacteur en chef est encore une fois Henry Hamel. C’est à nouveau la restauration de certaines peintures qui fait polémique.
En 1897, Adrien grave le portrait de Friant d’après une photographie qu’il lui a envoyée. Recouvreur souhaite à l’époque réaliser le portrait à l’eau-forte de plusieurs artistes lorrains: Camille Martin, Charles de Meixmoron de Dombasle (1839-1912) et Victor Prouvé. Friant remporte une nouvelle médaille d’or à l’Exposition universelle de 1900.
En 1922, Friant demande conseil à Recouvreur pour éliminer des champignons sur sa toile La Lionne. Il évoque dans leur correspondance ses problèmes de brevet pendant la guerre : inventeur d’un réservoir increvable pour l’aviation militaire, il se dit victime d’un plagiaire.
Suite à son départ pour Angers, Recouvreur regrettera de n’avoir pas pu suivre la carrière de graveur de Friant.
Émile Friant meurt le 9 juin 1932 à Paris. Adrien Recouvreur participe à la souscription pour l’édition d’une plaque de bronze en sa mémoire.